«Le rapport du judaïsme au territoire »

Haïm Korsia, Grand Rabbin de France,
Haïm KORSIA
Avec Haïm KORSIA
Membre de l'Académie des sciences morales et politiques
Média non définit

Le sionisme, mouvement né à la fin du XIXe siècle, a pour objectif d’établir un foyer national juif en Terre d’Israël, notamment par l’achat de terres par le KKL. Cet engagement aboutit en 1948 à la création de l’État d’Israël, rétablissant une souveraineté juive sur cette terre. Cependant, cette renaissance s’accompagne de défis majeurs, notamment le conflit israélo-palestinien et la question des territoires disputés. La seule issue viable reste une solution à deux États, avec des prérogatives à définir, mais il n’existe pas d’autre voie. Haïm Korsia conclue sur la dynamique complexe et riche qui unie le judaïsme au territoire, une dynamique qui entrelace dimensions religieuse, historique, culturelle et politique. Ce lien s’incarne dans l’attachement spirituel et historique à la Terre d’Israël, mais aussi à la terre où vivent les Juifs, comme la France pour ceux qui y résident. L’expérience de la diaspora illustre la capacité d’adaptation aux contextes variés, tandis que le sionisme et la création de l’État d’Israël témoignent d’un retour à la souveraineté territoriale. Enfin, Makom, qui signifie « l’endroit, le lieu », est aussi un des noms de Dieu, car Il est l’endroit du monde. Ainsi, le territoire du judaïsme est à la fois physique et spirituel : il se trouve dans la terre habitée, mais aussi dans la foi. Nous avons toujours un territoire qui nous porte : c’est soit la Terre, soit notre foi en Dieu. Et si, comme l’affirme la Bible, l’homme est comme un arbre des champs, alors en se réunissant, les êtres humains créent ensemble un territoire cohérent : celui de la fraternité.

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